Une baisse qui fait peur, mais pas pour les raisons que vous imaginez
Le chiffre inquiète, pourtant il raconte surtout un changement brutal des règles du jeu plutôt qu’un rejet des modèles. La fiscalité et les nouveaux critères “verts” ont déplacé la demande vers des véhicules 100 % électriques, et ce glissement peut surprendre si vous pensiez que l’hybride suffisait.
Le cœur du problème tient à un détail qui pèse lourd dans les décisions d’entreprise : l’écoscore et le traitement des avantages en nature. Même si beaucoup de gestionnaires de parc continuent de juger l’hybride pertinent, Toyota ne propose pas encore une gamme d’électriques “écoscorés” capable de cocher toutes les cases. Résultat, des acheteurs ont regardé ailleurs, parfois à contrecœur, juste pour rester dans les clous.
Quand la réforme fiscale gèle les commandes, puis déclenche un retournement
La réforme des avantages en nature, appliquée de façon rétroactive au 1er février 2025, a d’abord installé un climat d’attentisme. Des entreprises ont repoussé leurs décisions, surtout en location longue durée, car personne ne voulait signer avant de comprendre la facture. Si vous gérez une flotte, vous connaissez ce réflexe : on stoppe tout, on recalcule, on renégocie.
Puis, à partir de septembre 2025, les car policies ont été réécrites et la bascule s’est accélérée vers des électriques répondant aux nouveaux critères. Les commandes d’hybrides Toyota sur les segments A, B et C ont légèrement reculé, ce qui a pesé sur les immatriculations de début 2026. Pourtant la demande hybride ne s’effondre pas, car l’électrique ne colle pas à tous les usages, et certains clients restent moins exposés à la fiscalité.
Les petits modèles résistent, pendant que l’électrique manque à l’appel
Dans les segments compacts, Toyota conserve des arguments, car l’offre électrique concurrente reste parfois moins dense. Des modèles urbains et polyvalents continuent de se distinguer, notamment quand les entreprises cherchent une solution simple, éprouvée et disponible. Si vous devez équiper des équipes terrain, la compacité et la sobriété restent des critères qui comptent autant que l’image “zéro émission”.
Mais l’absence d’une palette complète d’électriques alignés avec l’écoscore crée une frustration stratégique. Toyota dit vouloir proposer de l’électrique en complément de l’hybride et de l’hydrogène, sans forcer une seule énergie à tous les profils. L’intention rassure, sauf qu’à court terme, le marché BtoB peut punir très vite une gamme qui ne coche pas les cases administratives.
- 20,1 % de baisse des immatriculations BtoB Toyota en 2025, à 28 257 unités
- Attentisme après la réforme des avantages en nature, puis réorientation dès septembre 2025
- Progression spectaculaire sur les utilitaires : +34 % et 12 891 immatriculations
- Objectif annoncé : lancer de nouveaux modèles 100 % électriques et viser des électriques “écoscorés” à terme
- Offre marquante sur VU : électrique au prix du diesel, avec 20 % de commandes en électrique
Le paradoxe utilitaire : +34 % quand les voitures reculent
Alors que les voitures particulières souffrent, Toyota affiche une performance opposée sur les véhicules utilitaires. La marque revendique 12 891 immatriculations en 2025, soit +34 %, et une part de marché de 4,5 % qui la place au septième rang. Pour une présence d’un peu plus de dix ans sur ce segment, la progression a de quoi surprendre, et elle envoie un message clair aux flottes.
Cette dynamique s’appuie sur une gamme devenue plus complète, renforcée par l’arrivée du Proace Max en 2024. Toyota veut continuer à grandir, et on comprend pourquoi : l’utilitaire obéit à une logique d’usage très concrète, moins dictée par la mode. Si votre priorité reste le coût total et la disponibilité, vous regardez d’abord ce qui fonctionne sur le terrain.
L’électrique au prix du diesel : coup marketing ou vraie bascule terrain ?
Toyota a tenté un mouvement qui dérange les certitudes : proposer l’électrique au prix du diesel sur sa gamme utilitaire. L’argument s’appuie sur un fait d’usage : un utilitaire parcourt en moyenne 60 km par jour, un niveau souvent compatible avec l’électrique, et l’énergie coûte moins cher à l’usage. Là où certains conducteurs restent sur diesel pour les longues distances, d’autres peuvent passer à l’électrique sans changer leur organisation.
Le résultat annoncé frappe : 20 % des commandes VU auraient été réalisées en électrique, soit deux fois plus que la moyenne du marché en immatriculations. Toyota affirme maintenir des loyers compétitifs via sa captive de location longue durée, et propose un stage d’écoconduite pour apprivoiser l’électrique et gagner en efficience. Le point le plus intéressant, si vous hésitez, tient à cette phrase implicite : une fois convertis, beaucoup ne reviennent pas en arrière, car le quotidien devient plus simple et moins coûteux.
2026 : une année de produits qui peut sauver… ou exposer la marque
Toyota annonce une actualité produits dense en 2026, avec une citadine plus compacte qui reprend une motorisation hybride reconnue, pensée pour un marché français friand de petits véhicules. Un nouveau SUV du segment C arrive en concessions, avec des commandes déjà ouvertes depuis fin 2025, mais son absence d’écoscore limite pour l’instant son attrait auprès des flottes. Pour contourner ce frein, Toyota pousse une offre LLD compétitive via sa structure dédiée.
Le RAV4 doit suivre une trajectoire en deux temps, d’abord hybride puis hybride rechargeable, et un utilitaire iconique doit passer en 100 % électrique. Toyota défend aussi l’idée que l’hybride rechargeable reste une solution de transition très pertinente grâce à des autonomies électriques qui dépassent désormais 100 km sur certains modèles à venir. Le problème, si vous regardez la fiscalité française, c’est que la règle ne récompense pas toujours la technologie la plus adaptée à vos trajets réels.
Lexus : la promesse premium qui s’électrifie pour ne pas disparaître des radars
Du côté de Lexus, la marque reste plus discrète en volume chez les flottes, avec un peu moins de 2 000 immatriculations en 2025. Pourtant, l’objectif affiché vise une croissance en 2026, portée par un modèle phare proposé avec un loyer attractif. Si vous cherchez une montée en gamme sans basculer dans des budgets explosifs, Lexus veut occuper cet espace “access premium”.
Le signal le plus fort arrive en 2026 : l’électrification se matérialise avec une berline 100 % électrique attendue en septembre et un SUV électrique relancé. Lexus promet des loyers proches de ceux d’un hybride pour faciliter la transition, un point crucial quand votre direction financière refuse de payer “la taxe nouveauté”. Reste la question qui dérange : si l’écoscore devient la porte d’entrée, qui aura le droit de rester dans votre car policy demain ?

20,1% de chute, c’est énorme… mais on sent bien que c’est plus la réglementation qui “fait” le marché que les clients eux-mêmes.