Derrière cette décision, il n’y a pas qu’une histoire de réglementation, mais un jeu d’alliances, de volumes de ventes et de contrôle industriel. Et si tu pensais que les crédits CO2 étaient un détail technique, cette bascule risque de peser sur les modèles que tu verras en concession.
Le principe reste simple : les constructeurs qui vendent beaucoup de véhicules électriques génèrent des “crédits” qui peuvent compenser les émissions des groupes plus exposés aux motorisations thermiques. Stellantis choisit donc de payer Leapmotor plutôt que de s’appuyer sur Tesla, comme il l’a fait ces dernières années. Le message implicite surprend : l’air “propre” que Stellantis achète viendra d’une marque dont il est déjà actionnaire, et dont il orchestre l’expansion hors de Chine.
Pourquoi Stellantis change de fournisseur de crédits CO2
Stellantis confirme qu’il achètera des crédits CO2 à Leapmotor en 2026, après avoir quitté le dispositif précédemment associé à Tesla. Ce choix ressemble à une rupture nette, mais il suit une logique économique : payer un partenaire proche peut coûter moins cher et offrir plus de contrôle. Pour toi, cela signifie que la conformité CO2 de Stellantis dépendra davantage d’une marque qu’il aide déjà à pousser en Europe.
Leapmotor a accepté de céder aux filiales de Stellantis les crédits générés par ses ventes de véhicules 100 % électriques et à prolongateur d’autonomie dans l’UE et au Royaume-Uni. Ce point est crucial, car il cible précisément les zones où la pression réglementaire s’intensifie. Si Leapmotor accélère, Stellantis respire ; si Leapmotor cale, la facture et les risques remontent.
Leapmotor, l’allié qui devient indispensable en Europe
La montée en puissance de Leapmotor en Europe change la donne : sans volumes, pas de crédits significatifs à vendre. Or les chiffres annoncés montrent un saut spectaculaire des montants de cession, avec une progression qui pourrait atteindre 2,8 milliards de yuans (environ 350 millions d’euros) sur l’année évoquée. Cette hausse ne raconte pas une victoire morale, elle raconte une dépendance croissante à des ventes électriques “comptables”.
Stellantis détient 21 % de Leapmotor, ce qui transforme cette relation en quasi-circuit interne. Le groupe ne se contente pas d’acheter un service, il mise sur la valeur créée par un partenaire qu’il possède partiellement. Toi, tu vois peut-être juste un logo en plus sur le marché ; Stellantis, lui, voit une soupape CO2 qui peut éviter des pénalités.
Une coentreprise et une stratégie de distribution qui verrouillent le système
Depuis 2024, une coentreprise dédiée, Leapmotor International, gère la distribution des modèles Leapmotor hors de Chine, avec Stellantis en position dominante. Ce détail fait froid dans le dos si tu crains les dépendances industrielles : la même structure qui pousse les voitures peut renforcer la capacité à générer des crédits. Le CO2 devient alors un produit dérivé de la stratégie commerciale, pas seulement un indicateur environnemental.
Cette architecture donne à Stellantis un levier double : vendre plus de Leapmotor pour créer des crédits, puis utiliser ces crédits pour sécuriser ses propres objectifs. Le mécanisme paraît “propre” sur le papier, mais il peut aussi masquer une transition plus lente sur certaines gammes thermiques. Si tu attends un virage total vers l’électrique, cette solution peut ressembler à un pansement très rentable.
Production en Espagne : le moment où tout peut s’accélérer
Un cap industriel se profile avec la production annoncée en Espagne, à Saragosse, pour des modèles Leapmotor. L’objectif évoqué grimpe à 200 000 unités, avec une montée en cadence attendue à partir d’octobre 2026 pour certains véhicules. Si cette production démarre fort, Leapmotor gagne en crédibilité, et Stellantis gagne un flux de crédits plus stable.
Pour toi, cela peut se traduire par des délais plus courts, des prix plus agressifs ou une présence plus massive en concession. Mais il y a un revers : si l’usine ou la demande n’atteint pas les volumes, l’équation CO2 se tend et Stellantis doit compenser ailleurs. Dans ce scénario, la “surprise” pourrait venir d’arbitrages brutaux sur les motorisations, les finitions, voire la disponibilité de certains modèles.
Ce que cette bascule peut changer concrètement pour toi :
- Une pression plus forte pour voir arriver des modèles Leapmotor dans les réseaux liés à Stellantis
- Des choix produits dictés par la conformité CO2, pas seulement par la demande
- Un risque de dépendance à la performance commerciale d’une marque partenaire
- Une accélération de la production européenne pour sécuriser volumes et crédits
- Des décisions tarifaires influencées par le coût réel des crédits CO2
Ce que tu dois surveiller en 2026 si tu veux comprendre le vrai match
Le sujet n’est pas seulement “Stellantis contre Tesla”, c’est “Stellantis avec Leapmotor” et tout ce que cela implique. Les montants évoqués pour les cessions de crédits montrent que l’enjeu dépasse la communication et touche directement la rentabilité. Si tu veux lire entre les lignes, observe les immatriculations Leapmotor en Europe : c’est là que se joue une partie du futur CO2 de Stellantis.
Regarde aussi la vitesse d’industrialisation en Espagne et l’arrivée de nouveaux modèles sur le marché européen. Plus Leapmotor vend, plus Stellantis sécurise sa marge de manœuvre réglementaire, et plus il peut choisir son rythme de transition. La question qui dérange reste ouverte : est-ce que cette alliance va accélérer l’électrification pour toi, ou juste acheter du temps à Stellantis en 2026 ?

Intéressant, mais ça ressemble surtout à un jeu comptable plutôt qu’à une vraie transition écologique, non ?
Donc Stellantis paye… une boîte dont il est actionnaire. C’est moi ou c’est un circuit fermé ?
Merci pour l’explication, je comprenais rien aux “crédits CO2” avant cet article.