Une hausse qui surprend et qui dérange
Le chiffre paraît modeste, mais il bondit d’environ 60 % par rapport à 2024, où il tournait autour de 0,92 %. Cette accélération intrigue, car elle arrive dans un marché européen tendu et très concurrentiel.
Cette progression ne raconte pas une success story uniforme, car une partie du réseau reste fragile. La proportion de concessions en perte recule à 22,2 % fin 2025, ce qui signifie qu’un peu plus d’un point de vente sur cinq perd encore de l’argent. Le contraste choque quand on se rappelle qu’au printemps 2025, on frôlait encore un concessionnaire sur trois en difficulté.
Pourquoi les ventes de véhicules font basculer les comptes
Le moteur principal vient des départements commerciaux, dopés par le neuf et l’occasion. Les marges sur les véhicules neufs atteignent 3,6 % fin 2025, contre 3,4 % un an plus tôt. Les véhicules d’occasion suivent la même trajectoire, avec 3,6 % contre 3,3 %, signe que le stock se vend mieux et que la discipline sur les prix s’améliore.
Ce mouvement change la psychologie du réseau : quand la vente redevient rentable, la trésorerie respire et les investissements redeviennent possibles. Mais il y a une part d’inquiétude, car ces marges restent sensibles aux remises, aux objectifs constructeurs et aux variations de financement. Une simple guerre des prix peut effacer des mois d’efforts.
L’après-vente ralentit : le danger silencieux
Le plus dérangeant se cache dans l’atelier, car l’après-vente ne progresse plus au même rythme. Sa contribution globale se maintient autour de 15,4 %, mais certaines lignes s’érodent légèrement. Les pièces détachées reculent de 15,8 % à 15,7 %, et la mécanique passe de 15,8 % à 15,6 % sur la même période.
Cette baisse paraît minime, pourtant elle inquiète car l’après-vente sert souvent de “coussin” quand les ventes se retournent. Si le commerce trébuche et que l’atelier ne compense plus, la rentabilité globale peut rechuter très vite. Une seule bonne nouvelle se démarque : la carrosserie-peinture progresse, avec une marge qui grimpe de 11,6 % à 12 %.
Moins de concessions déficitaires, mais pas de miracle pour tout le monde
Le recul des concessions non rentables, de 31,4 % fin 2024 à 22,2 % fin 2025, donne l’impression d’un assainissement. Il suggère que certains groupes ont resserré leurs coûts, mieux piloté leurs stocks et sécurisé leurs financements. Mais il reste une réalité brutale : plus d’un cinquième du réseau continue de travailler à perte.
Ce chiffre nourrit une question qui dérange : combien de points de vente peuvent encaisser une nouvelle hausse des charges, un ralentissement de la demande ou un changement de politique des marques. Les concessions les plus fragiles risquent de subir des regroupements, des fermetures ou des reventes précipitées. La rentabilité moyenne monte, mais elle peut masquer des écarts extrêmes entre gagnants et perdants.
Ce que ces chiffres obligent à regarder en face :
- La rentabilité progresse surtout grâce aux ventes, donc elle reste exposée à la volatilité du marché.
- L’après-vente ne s’effondre pas, mais elle s’essouffle, ce qui réduit le filet de sécurité.
- La part de concessions déficitaires baisse, pourtant le risque de consolidation reste élevé.
- Une marge de 1,47 % laisse peu de place à l’erreur sur les coûts, le stock et le financement.
Et vous, que faut-il retenir pour 2026 ?
Le signal espagnol peut donner de l’espoir : oui, une remontée rapide de la rentabilité reste possible en un an. Elle passe par une meilleure exécution commerciale, une rotation plus propre des véhicules et une marge mieux défendue. Mais l’espoir s’accompagne d’une peur logique, car une rentabilité aussi fine peut disparaître au moindre choc.
La vraie surprise, c’est que l’amélioration vient du commerce alors que beaucoup misaient tout sur l’atelier. Si 2026 apporte un marché plus dur, les concessions devront protéger leurs marges sans casser les volumes, et relancer l’après-vente sans user les équipes. La question qui compte pour vous tient en une phrase : votre modèle tient-il si vos ventes ralentissent de 10 % pendant trois mois ?

1,47%… ça paraît faible, mais vu d’où on vient, c’est déjà une petite victoire. Reste que ça tient à un fil.
Vous avez des chiffres par région en Espagne ? Parce que Madrid vs provinces, j’imagine que c’est pas le même monde.
Merci pour l’analyse, surtout la partie sur l’après-vente qui s’essouffle. On l’oublie trop vite.
Franchement, si la rentabilité dépend surtout du VN/VO, ça sent la roulette… une guerre des prix et c’est fini.
1,47% de marge et on parle de “survivre” : c’est pas un business, c’est un sport extrême 😅
Je suis sceptique: les marges VN à 3,6% fin 2025, c’est avant ou après primes/bonus objectifs constructeurs ?