Un marché qui patine, mais des signaux qui dérangent
Le début d’année confirme une ambiance morose, faite d’achats reportés et de budgets sous pression. Pourtant, février surprend avec un rebond de 1,4 % et 865 437 véhicules vendus, comme si le marché refusait de s’écrouler totalement.
Ce contraste crée un malaise : tu vois des concessions qui parlent de prudence, mais les chiffres bougent dans tous les sens. Le consommateur hésite entre peur de se tromper et envie de profiter d’offres plus agressives. Derrière ce flottement, une bascule plus profonde se prépare, et elle ne vient pas du thermique.
La percée électrique que tu n’attendais pas dans un marché atone
Sur janvier-février 2026, 312 369 voitures 100 % électriques ont été immatriculées dans l’UE, soit une hausse de 22 % en un an. Leur part de marché grimpe à 18,8 %, ce qui représente +3,6 points sur la même période de 2025. Dans un marché global qui recule, cette progression ressemble à une contradiction, donc à un signal fort.
La dynamique reste concentrée sur les grands pays, qui pèsent près de 61 % des immatriculations électriques. La France et l’Allemagne accélèrent, avec des hausses respectives de 38,5 % et 26,3 %, et la France reste deuxième avec 62 677 unités derrière l’Allemagne à 88 967. Mais la réalité te rattrape vite : la Belgique (-11 %) et les Pays-Bas (-34,9 %) montrent que l’électrique peut caler brutalement quand les aides changent ou que la confiance s’effrite.
- 312 369 électriques immatriculées dans l’UE sur janvier-février 2026 (+22 %)
- Part de marché des électriques : 18,8 % (+3,6 points)
- France : 62 677 électriques (+38,5 %), Allemagne : 88 967 (+26,3 %)
- Belgique : -11 %, Pays-Bas : -34,9 % sur les immatriculations électriques
L’hybride prend la place, pendant que l’électrique gagne du terrain
Si tu cherches le vrai roi du marché, ce n’est pas l’électrique : ce sont les hybrides “classiques”. Les HEV totalisent 643 898 immatriculations sur les deux premiers mois de 2026, soit 38,7 % du marché, une domination nette. Ils progressent surtout là où l’électrique reste difficile à adopter, comme l’Italie (+29,5 %) et l’Espagne (+13,4 %).
Le tableau devient plus paradoxal sur les pays moteurs de l’électrique : l’hybride y plafonne ou recule. L’Allemagne ne fait que +1,1 % en HEV, et la France baisse de 3,9 %, comme si une partie des acheteurs sautait directement vers la batterie. Et pendant que tu hésites encore, les hybrides rechargeables explosent : 162 751 unités (+30,2 %), pour une part de marché de 9,8 % qui reste modeste mais qui grimpe vite.
Thermique : la chute s’accélère, et ça va faire des perdants
Les motorisations essence décrochent fortement : -23,3 % sur janvier-février 2026, à 374 774 unités. La France illustre la violence du mouvement avec -48,5 %, tombant à 33 532 immatriculations contre 65 084 un an plus tôt. Résultat concret : la part de marché de l’essence passe de 29 % à 22,5 % en un an, et ce glissement change la valeur des gammes et des stocks.
Le diesel continue de s’éteindre, avec 134 822 immatriculations (-17,7 %) et seulement 8,1 % du marché. La France décroche encore plus fort sur le gazole, à 5 619 unités (-51,2 %), pendant que la Belgique (-42,8 %), la Roumanie (-40,7 %) et l’Espagne (-28,8 %) suivent la même pente. Si tu comptais sur le thermique pour “attendre que ça passe”, les chiffres suggèrent plutôt une fermeture progressive des options.
Constructeurs : certains s’en sortent, d’autres glissent, et la surprise vient d’ailleurs
Dans ce marché sous tension, les grands groupes historiques ne gagnent pas tous : Volkswagen reste numéro un en volume avec 449 294 immatriculations, mais recule de 0,7 %. Renault subit une baisse marquée de 16,1 % à 161 262 unités, et sa part de marché tombe à 9,7 %, ce qui ressemble à une alerte stratégique sans le dire. Toyota recule aussi de 7,7 % avec 126 354 immatriculations, preuve que même les marques associées à l’efficience ne sont pas immunisées.
La surprise vient de Stellantis, qui augmente ses immatriculations de 9,8 % à 304 251 unités et gagne 1,8 point de part de marché pour atteindre 18,3 %. Le groupe revendique une forte présence sur l’électrique et reprend la main sur l’hybride, porté par des modèles plus accessibles et “malins” dans leur positionnement. Et pendant que tu regardes les géants européens se battre, des marques chinoises grignotent : BYD bondit à 29 291 immatriculations (+179,2 %), tandis que SAIC atteint 32 214 unités (+6,6 %), encore modestes mais impossibles à ignorer.

Intéressant, mais 312 369 sur deux mois, ça représente quoi en volume annuel si la tendance se tasse ?